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"À Paris, place au peuple !"

Intervention sur la délibération relative à un centre d’hébergement d’urgence dans le 16e

C’est assez étrange, effectivement, on a vraiment le sentiment qu’il y a eu un discours mené en amont lors de cette réunion publique dans le 16e arrondissement, et tout d’un coup un autre discours, après tout le battage médiatique qu’il a pu y avoir autour de cette réunion, un autre discours tenu par certains élus dans cette Assemblée.

Ecoutez mes chers collègues, le 16e arrondissement humaniste ? Vous savez, le 16e arrondissement est dirigé par des élus qui appartiennent à la même composante de politique depuis très, très, très longtemps. Et donc, il y a plusieurs mandatures successives que cet arrondissement aurait pu faire la démonstration de son humanisme. Comment expliquez-vous que dans cet arrondissement, il faut attendre autant de temps pour qu’enfin, on puisse implanter un centre d’hébergement d’urgence ?

Comment expliquez-vous que lorsqu’il y a ce projet d’implantation d’un hébergement d’urgence, il y a à ce point-là, une telle mobilisation des habitants à l’encontre de cette implantation d’hébergement d’urgence ?

Interrogez-vous sur votre responsabilité, vous, en tant qu’élus de cet arrondissement, dans le discours que vous avez dû tenir ou manquer de tenir pour justement diffuser ce grand humanisme dont vous vous faites aujourd’hui l’avocat, excusez-moi, mais fort peu convaincant.

Des actes. En politique, c’est comme en amour, on ne se satisfait pas des déclarations, on veut des actes, des preuves concrètes.

Oui, il y a besoin de centres d’hébergement d’urgence. Et il y a besoin de développer les solutions alternatives à l’hébergement d’urgence à l’hôtel. Il y a besoin aussi de C.A.D.A., de centres d’accueil des demandeurs d’asile, car encore une fois, notre humanisme ne doit pas trier celles et ceux qui sont sans domicile fixe, notre humanisme doit bien considérer que hommes, femmes, quelle que soit notre situation administrative, quelle que soit notre origine, quelle que soit notre nationalité, nous sommes toutes et tous des semblables et nous devons toutes et tous avoir accès aux mêmes droits sur les territoires de la république, et donc le droit à l’hébergement.

Or, qu’avons-nous entendu lors de cette réunion publique ?

Nous avons entendu non seulement des hommes et des femmes, oui, revendiquer leur pouvoir de classe dominante qui refusait, mon dieu, que des pauvres viennent dans leur arrondissement, classe laborieuse, classe dangereuse, mais ils ont également revendiqué qu’il n’y ait surtout pas de réfugiés qui viennent dans leur arrondissement.

Nous avons une responsabilité par rapport à la crise des réfugiés, de lutter contre le racisme. Nous avons donc une responsabilité de faire entendre à toutes et à tous la nécessité et le devoir d’accueil de la République.

Donc, c’est bien la violence, oui, des riches qui s’est exprimée, son égoïsme, son mépris social. Eh oui, hélas aussi, son racisme ! Ne voulant surtout pas accueillir des réfugiés dans ce centre d’hébergement.

Ce centre d’hébergement, si j’ai bien compris, doit accueillir par ailleurs des familles, mais moi je souhaite interpeller à la fois le maire du 16e arrondissement, l’adjoint au maire en charge du logement, M. Ian BROSSAT, l’ensemble des élus de la majorité, Mme VERSINI, et Mme la Maire de Paris.

Je pense que, oui, comme l’a dit mon collègue avant moi, on ne peut pas se satisfaire d’un seul centre d’hébergement d’urgence dans le 16e arrondissement.

Et puisque nous avons là une main tendue par les élus les Républicains, qui estiment que par humanisme il faut s’engager pour lutter et faire de la lutte contre la grande exclusion, finalement cet engagement de mandature, il faut donc passer aux preuves et qu’il y ait bien d’autres nouveaux lieux d’accueil à la fois centres d’hébergement d’urgence et C.A.D.A., et des C.A.D.A. dans le 16e arrondissement. Et faisons le travail pédagogique.

Vous savez, quand je suis allée à Calais, quand vous allez sur Stalingrad et que vous prenez le temps de discuter avec les réfugiés, celles et ceux et c’est tragique, qui fuient les pays en guerre, celles et ceux qui fuient les situations économiques catastrophiques, ce sont bien souvent celles et ceux qui sont le plus armés au sens de diplômes, au sens de qualifications, et donc aussi, financier.

Essayez de faire le travail pédagogique pour rassurer l’ensemble de nos concitoyens et concitoyennes sur le fait que ces hommes et ces femmes que nous devons accueillir sont nos semblables et il ne faut pas en avoir peur.

Oui, la solidarité doit se réaliser sur tous les territoires de la république, et à Paris, sur tous les arrondissements de la capitale.