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"À Paris, place au peuple !"

Défendre l’art dans la rue à l’occasion du réaménagement des 7 places parisiennes

Mon intervention : 

Je salue ce projet de réaménagement des grandes places parisiennes. Réduire la place accordée à la voiture au profit des mobilités douces, contribuer à une plus forte végétalisation pour permettre une réappropriation de l’espace public dans un rapport à la nature, et surtout permettre de susciter des lieux de rencontre, d’échange, de vie commune, est essentiel pour bien faire de ces places des lieux de convergence essentiels dans la Ville, où les Parisiennes et les Parisiens se font peuple. C’est essentiel.

Mais je souhaite insister sur un vœu que j’ai déposé et que je rattache à cette délibération, un vœu qui souhaite que nous accordions dans ces places une importance bien plus forte à l’investissement public dans les œuvres d’art au service de nos émancipations.

Vous savez que, dans le cadre du prolongement du T3 à Paris, la capitale avait fait preuve d’audace et de volontarisme en engageant une commande publique d’art contemporain ambitieuse de 11,2 millions d’euros pour 19 œuvres. La Ville doit poursuivre l’implantation d’œuvres d’art pérennes dans un objectif à la fois de soutien à la création, agir en faveur de l’appropriation sociale de la culture et de la diversité de ces langages artistiques, et ne pas privilégier uniquement les œuvres d’art éphémères.

Les politiques publiques en faveur de la création n’ont pas à craindre de susciter des débats. Au contraire, elles ont vocation à les susciter et à organiser les rencontres entre les artistes, les créations entre les citoyennes et les citoyens, en favorisant les échanges autour de la réception des œuvres.

Parmi les experts que vous envisagez dans les équipes pluridisciplinaires, les différents partenaires associés aux consultations, je souhaite que la Ville implique également les artistes et les organisations représentatives.

Je souhaite que nous appliquions le principe du 1 % culturel, qui doit être valorisé et respecté. Engageons au moins 1 % du budget de réalisation de l’aménagement de ces places publiques à l’achat d’une œuvre d’art pérenne. C’est cette démarche qui doit être également mise en œuvre dans la rénovation de ces sept places, mais également dans l’ensemble des projets d’aménagement urbain que nous avons apportés.

La valorisation patrimoniale et historique de ces sept places, selon moi, n’est absolument pas incompatible avec la coexistence d’œuvres d’art contemporaines, au contraire. La dynamique parisienne se doit de faire coexister l’ancien et le moderne.

Je souhaite que nous engagions, dans le cadre des concertations, des rencontres en amont et en aval de ces commandes publiques, entre les citoyens et les artistes, entre les citoyens et les créations, afin de permettre débats, échanges autour de la réception des œuvres.

Faisons donc de ces places des lieux de convergence au service de nos émancipations et, à l’instar du symbole du triomphe de la République à Nation, continuons de permettre à l’art dans la ville de pouvoir contribuer justement à ces émancipations individuelles et collectives.

L’exécutif a présenté un contre vœu au mien, ne valorisant que l’installation d’aménagement au service d’événement éphémère, confirmant ainsi son refus de s’engager dans des achats d’œuvres d’art pérennes… J’ai donc maintenu mon voeu (tout en votant celui de l’exécutif car je considère comme complémentaire de permettre des manifestations culturelles. Mon vœu a été battu. 

Mon voeu : 

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Le vœu de l’exécutif : 

Téléchargez (PDF, 218KB)