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"À Paris, place au peuple !"

Vœu relatif à la répression policière et judiciaire de la tentative d’organisation d’une assemblée générale au Lycée Arago le mardi 22 mai 2018

Mme Danielle SIMONNET. – La situation était extrêmement grave. D’abord, rappelons le fond de l’affaire. Le fond de l’affaire, c’est “Parcoursup”, et la loi O.R.E. La colère des lycéens et lycéennes et de leurs parents est totalement légitime, ainsi que celle des étudiants. En effet, aujourd’hui, après les premiers résultats de “Parcoursup”, on sait que près de la moitié des lycéens en France qui n’ont pas eu de réponses favorables à la formulation de leurs vœux.

Nous savons également qu’on va être dans une situation de remise en cause du baccalauréat comme premier grade universitaire donnant accès à l’inscription dans la filière de son choix. Ce n’est pas rien. La colère contre ce qui s’apparente à une mesure de ségrégation sociale dans l’enseignement supérieur et de remise en cause de la liberté de choisir ses études est légitime.

Ensuite, il y a un droit des lycéens à s’organiser, la démocratie lycéenne qui a été acquise et conquise. Je sais qu’ici, beaucoup ont fait partie, lors de leur jeunesse, de ce combat lycéen et de ce combat étudiant. J’espère qu’ils vont s’en souvenir en votant les trois vœux présentés.

Que s’est-il passé ce mardi 22 mai, lorsque des étudiants et des lycéens souhaitent mettre en place une assemblée générale inter-établissement dans le lycée Arago ? Ils sont l’objet d’interpellations massives sans précédent, 101 interpellations. Ces interpellations ont donné lieu, sur ordre du Ministère, à des placements en garde à vue.

Il faut savoir les conditions dans lesquelles cela s’est déroulé : en violation totale du droit de procédure. Signification de la garde à vue après plus de cinq heures de rétention au commissariat du 18e rue de l’Evangile et non, par exemple, à la fin de la première heure comme la loi l’impose.

Les interpellés ont parfois été enfermés dans un bus sans pouvoir boire, s’alimenter ou aller aux toilettes avec, pour les mineurs, le fait que les parents n’ont même pas été contactés par les autorités de police avant la fin de la troisième heure.

Je n’ai, hélas, pas le temps de tout détailler, mais nous sommes sur des situations de mise en examen. On sait que ces répressions, qui cherchent à faire taire la jeunesse, se sont reproduites dans d’autres établissements scolaires. Il faut que cela cesse.

 

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