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"À Paris, place au peuple !"

Paris Fonds vert

Mme Danielle SIMONNET. – Je voulais dire que je souscris pleinement, à 300 %, à l’excellente intervention de Jean-Noël AQUA qui rappelle bien d’abord quelle est la cause du dérèglement climatique, quelle est la cause de la mise en danger des conditions mêmes de la survie de notre humanité dans notre écosystème. C’est la logique même du capitalisme productiviste qui, de par sa nature même, dans sa recherche de profit maximum, n’hésite pas à exploiter des ressources naturelles qui sont finies et à contribuer à l’ensemble des catastrophes écologiques que nous subissons.

Dès lors, comment opérer pour pouvoir créer les conditions d’un arrêt de cette spirale folle ? Repenser notre mode de développement. Dès lors, quel type de politique menée pour l’ensemble des collectivités ? Oui, cela exigerait, d’un point de vue national, qu’on donne la bonne puissance à la puissance publique pour pouvoir intervenir dans le temps long.

Revenons sur certaines précisions. Sandrine MÉES, dans son intervention, précisait, à juste titre, que la Ville, pour créer ce fonds, était accompagnée par la Caisse des dépôts et consignations, et que, celle-ci, hélas, avait néanmoins contribué à financer des projets dans le charbon, le pétrole et le gaz. Problématique. On sait aussi que bon nombre de grandes entreprises, non seulement peuvent avoir des projets et des activités qui vont à l’encontre du climat de façon directe mais, en plus, cherchent toujours à investir et à spéculer dans les énergies carbonées et le nucléaire, et qu’aujourd’hui, la finance est, de fait, un ennemi du climat. Comment se doter d’un fonds qui peut permettre d’agir sur le climat si ce n’est en agissant aussi sur la racine de la logique de la financiarisation de notre économie.

Normalement, si nous étions tous ici au niveau de cette instance, comme au niveau de l’instance gouvernementale et des Etats Nations au niveau de la COP 21, on devrait au contraire, non seulement mettre en place des règles très strictes qui empêchent les extractions et les activités productivistes contraires au climat, mais en plus, nous devrions par l’impôt ponctionner l’ensemble de ces entreprises et ces activités bancaires, pour pouvoir réorienter des flux financiers en faveur de l’ensemble des transitions énergétiques et de la planification écologique nécessaire et non pas créer, dans l’ensemble des collectivités, des fonds qui permettent à ceux qui sont responsables du dérèglement climatique de se racheter une touche verte pour masquer les activités scandaleuses qu’ils développent, et que les peuples sont obligés de payer en retour.

Maintenant, regardons plus précisément ce Fonds Vert. Il y a des choses auxquelles on ne peut que souscrire dans les objectifs et les finalités de la transition énergétique, liées au bâtiment, au logement durable, à la mobilité logistique urbaine durable, aux énergies vertes, à l’amélioration de la qualité de l’air, la gestion innovante des déchets, la technologie de l’information et de la communication au service de la préservation du climat.

Toutes ces choses vont dans le bon sens, mais on voit bien que ces politiques ne devraient pas dépendre de la capacité ou non de faire en sorte que le fonds puisse capter ou pas des finances privées.

Madame Marie-Laure HAREL, vous vous félicitez que la Ville n’ait pas recours à un emprunt pour pouvoir financer l’ensemble de ces politiques écologiques. Mais au contraire, quelle dette nous laissons pour les générations à venir, si nous n’agissons pas sur les causes et sur les effets ? Nous devons assumer la capacité, justement par l’emprunt, de régler ces problèmes.

Se pose néanmoins, je vous l’accorde, la question de l’emprunt, à qui nous empruntons ? On voit bien comment nous sommes dans une approche systémique du problème. S’il s’agit à nouveau d’emprunter sur les marchés financiers privés qui eux investissent dans les énergies carbonées, c’est une absurdité, d’où l’enjeu aussi au niveau national, de pouvoir se doter d’un outil, d’une véritable banque publique d’investissement permettant de nous émanciper de cette finance productiviste.

Je souhaiterais également que dans les projets d’activité que va financer ce Fonds Vert, on se préoccupe également non seulement d’une stratégie de planification écologique, mais aussi du principe de la règle verte. Aucun projet ne doit extraire à la terre plus que ce qu’elle n’est capable de régénérer.

Ce principe n’est pas valable simplement pour des grands projets qui auraient permis dès le début de ne pas attendre 50 ans pour considérer que Notre-Dame-des-Landes va à l’encontre de cela, mais cela nous permettrait tout de suite de prendre conscience que même si c’est en dehors des frontières de Paris, “EuropaCity” nous préoccupe et que ce projet devrait totalement être abandonné, parce qu’il va à l’encontre de la préservation des terres agricoles qui sont nécessaires aussi au poumon parisien et à la bonne alimentation parisienne.

Il faut mettre en place cette règle verte aussi dans l’ensemble des projets. Je terminerai par là. Dans la ville, la question de la règle verte devrait être étudiée. Je vous remercie.