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"À Paris, place au peuple !"

Expérimentation du dispositif “Pollutrack”

Mme Danielle SIMONNET. – Mes chers collègues, moi aussi bien sûr je voterai pour cette délibération. Il s’agit d’un travail expérimental, pour l’instant on n’a pas de garantie de l’efficacité du dispositif, mais il mérite d’être tenté. Il s’agit donc, à travers cette délibération, de pouvoir, à travers le projet porté par “Planet Watch 24”, une jeune société spécialisée dans le développement de solutions innovantes, de mettre un dispositif “Pollutrack”, qui va permettre avec des capteurs mobiles embarqués sur la flotte des véhicules électriques d’Enedis, de capter notamment les données de particules très fines qui sont les plus toxiques en temps réel.

Ce sont des données qui vont permettre de compléter les données d’Airparif, dans une amélioration de notre capacité à analyser la pollution de l’air.

Il y a encore pas mal de doutes sur les coûts assez conséquents d’exploitation et de traitement de ces données. Je ne suis pas du tout spécialiste sur le sujet, mais de toute façon, l’amélioration de nos connaissances sur les questions de qualité de l’air est essentielle tellement cette question de santé environnementale, il ne faut plus passer à côté.

Cela a été rappelé par ma collègue, entre 40.000 et 48.000 morts par an en France, on évalue cela à 6.500 décès prématurés à l’échelle du Grand Paris. 6.500 décès prématurés, c’est dire si le problème est conséquent.

Je voudrais rappeler que les subventions Airparif en 2015 ont été baissées par l’Etat, c’est extrêmement problématique, et que des départements, hélas, se sont également désengagés. Les départements des Yvelines en 2016, de la Seine-et-Marne en 2015, et des Hauts-de-Seine en 2013, et je tiens à saluer le fait que la Ville de Paris, elle, a décidé d’augmenter sa subvention pour compenser ces baisses.

C’est important de prendre conscience que les départements que j’ai cités ont démissionné de leurs responsabilités sur une nécessité de mesurer l’air, face à ce problème de santé publique alors que la Ville, elle, assume la sienne.

Maintenant vous savez bien, chaque fois que je fais une fleur je mets un mais, je vois que Colombe BROSSEL s’étonnait que je salue cet engagement de la Ville.

Non. Je voulais dire, bien sûr qu’il faut continuer à diminuer la part de la voiture en ville, il faut diminuer la part de la voiture dans la ville et pas simplement de la voiture à essence et de la voiture diesel.

Il ne faut pas croire que la substitution par le tout voiture électrique sera la solution durable. Dernièrement, un article dans “Libération”, qui n’est pas mal fait et reprend tous les arguments, indique que sur l’ensemble de son cycle de vie, la consommation énergétique d’un véhicule électrique est globalement proche de celle d’un véhicule diesel. Cela s’explique notamment par le fait qu’une voiture électrique nécessite deux fois plus d’énergie pour sa fabrication qu’une voiture thermique.

Et quand elles roulent, les voitures électriques émettent bien du CO2, même si les rejets sont beaucoup moins importants que pour le diesel ou l’essence. La pollution est indirecte, elle est causée par la production d’électricité qui est utilisée pour recharger les véhicules. L’électricité en France émet certes peu de CO2, parce qu’on passe par le nucléaire, mais attention, le nucléaire n’est pas une énergie propre, puisque cela produit des déchets radioactifs extrêmement dangereux, et il faut au contraire sortir du nucléaire.

Mais par ailleurs, une étude de l’Observatoire de la qualité de l’air en Ile-de-France, très intéressante, a démontré que 41 % des particules fines en suspension émises en 2012 par le trafic routier dans la Région parisienne étaient issues de l’abrasion des pneus, du revêtement routier et des freins. Ceci est donc aussi valable pour les voitures électriques. La moitié quasiment des particules fines sont produites autant par les véhicules électriques que par les véhicules diesel et à essence.

Je ne rajoute pas aussi sur le problème de l’épuisement des ressources fossiles pour la fabrication d’un véhicule électrique qui est bien plus important que pour les véhicules thermiques, et tout le problème de l’extraction des matériaux rares, cobalt, lithium, graphite, sans parler du pillage de ces ressources naturelles aux quatre coins de la planète.

Tout cela pour dire que sur ce sujet extrêmement important de la qualité de l’air et de la lutte contre la pollution, il faudrait que l’on sorte de cette bataille entre les rangs les Républicains, qui fustigent la majorité municipale, parce qu’ils se jouent les grands défenseurs du tout bagnole, et la majorité municipale qui, je trouve, je caricature à peine, franchement c’est le sujet récurrent…

 

Mme Danielle SIMONNET. – L’enjeu premier est de réduire les distances domicile-travail.

Or depuis 2001, les trajets domicile-travail, du fait d’un aménagement urbain absurde, et je reviendrai sur la convention de Paris 1993 sur ce sujet, ont été allongés.