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"À Paris, place au peuple !"

Création de l’Observatoire parisien de la mixité sociale et de la réussite éducative

Mme Danielle SIMONNET. – Ecoutez : création de l’Observatoire parisien de la mixité sociale et de la réussite éducative, je pense que tout le monde va voter pour. Il n’y aura aucun suspens là-dessus.

Maintenant, il s’agit aussi d’approfondir la réflexion entre nous : qu’est-ce que qui contribue, de fait, à aggraver l’absence de mixité sociale dans nos établissements scolaires et contribue, par ailleurs, à l’échec ?

Je voudrais commencer par dire que lutter contre la ségrégation sociale à l’école est forcément étroitement lié à la politique que nous menons, au niveau des quartiers, notre politique en faveur d’une mixité sociale en tant que telle, et, de fait, il y a de fortes inégalités sociales entre nos arrondissements. Vous prenez la comparaison de la spéculation immobilière du prix des loyers entre les différents quartiers et arrondissements, vous prenez le nombre de logements sociaux dans nos différents quartiers et arrondissements ; vous prenez cette carte-là et la carte de la réussite scolaire et vous voyez des choses qui sont assez similaires.

Cela veut dire que nous avons une politique à mener au niveau de la mixité sociale, afin que celle-ci cesse, finalement, d’aggraver la gentrification des quartiers populaires, puisque c’est ce qui est en train de se passer depuis 2001 : toute politique menée au nom de la mixité sociale se traduit par l’éviction encore plus forte des catégories populaires en dehors de la capitale et ce n’est jamais au profit d’une augmentation véritable des classes populaires dans les quartiers très chics de Paris.

Quelles sont les conséquences au niveau de l’Education nationale et comment l’Education nationale doit s’approprier l’ensemble de ces défis ? Attention, attention… L’Education nationale doit relever de l’Etat, et pas de la municipalité : attention, n’accélérons pas plus la territorialisation de l’éducation, cela me semble problématique.

Mais évidemment, à chaque fois qu’il y a une dégradation de l’Education nationale, c’est un encouragement aux stratégies d’évitement de la carte scolaire. Par contre, notre Conseil de Paris, notre assemblée, a un discours à avoir vis-à-vis des parents. Toutes nos équipes municipales ont une capacité à mobiliser les parents contre ces stratégies d’évitement et pour renforcer le soutien indéfectible à l’Education nationale, non pas publique, et non pas à l’enseignement privé. Je pense que nous ne faisons pas tous ce travail de la même manière : rien qu’à entendre les interventions qu’il y a eues ce soir, on se rend bien compte des tonalités différentes.

Maintenant, aujourd’hui même, l’école Pajol, dans le 18e, est occupée par ces parents. Est-ce que cela intéresse ou est-ce que c’est un sujet totalement à côté de la question de la réussite éducative ? Je pense que ce n’est pas à côté du tout.

Pourquoi ces parents occupent-ils l’école Pajol du 18e, ce matin ? Parce qu’ils ne sont pas d’accord avec une réforme qu’on leur impose, qu’impose ce gouvernement Macron : la réforme CP à 12. Comment se traduit-elle concrètement, sur le terrain ? Deux classes de CP à 14 et à 15 élèves, mais zéro créations de poste supplémentaires et une fermeture d’une classe de maternelle, une augmentation des effectifs jusqu’à 27 par classe, en comptant les élèves d’U.L.I.S., c’est-à-dire l’Unité localisée pour l’inclusion scolaire.

Résultat : voilà un exemple typique où, pour satisfaire un effet de communication du Gouvernement, les CP à 12 élèves, on dégrade complètement les conditions de la réussite scolaire, les conditions de l’apprentissage scolaire, dans cette école primaire, pour toutes les autres classes, et dans ce quartier.

Je pense que l’on ne peut pas non plus ne pas se préoccuper de cela et ne pas débattre aussi de cela.

A votre avis, la réforme du collège, avec une baisse du volume horaire, a-t-elle amélioré les conditions de la réussite scolaire au collège ou bien, au contraire, a-t-elle aggravé les conditions de l’échec et d’évitement du collège ? Evidemment, telle que je pose la question, j’y réponds.

Moi, vous savez, je suis psychologue de l’Education nationale, on appelait cela, avant, les conseillers d’orientation psychologues. Je me souviens d’études très intéressantes, à la fin des années 2000, où l’on essayait de voir la plus-value – excusez-moi du terme – des effets d’établissement, des projets pédagogiques, pour contribuer à la réussite scolaire. Je me souviens d’une étude, dont on en était très fier dans le 20e, parce qu’elle montrait que le collège Saint-Blaise, qui est pourtant dans un quartier poétique de la ville, qui n’a pas spécialement la réputation d’être le quartier le plus “top” de Paris…

 

Mme Danielle SIMONNET. – C’est celui où il y avait la meilleure contribution à la réussite, à un niveau CSP et niveau scolaire d’entrée en 6e équivalents.