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"À Paris, place au peuple !"

Convention de coopération entre le département de Seine-Saint-Denis et Paris

Mme Danielle SIMONNET. – Oui, alors, écoutez.

Approbation d’une convention de coopération entre le département de Seine-Saint-Denis et Paris : bien sûr. Mais comment évolue toute la métropolisation aujourd’hui ? Cela a été dit précédemment. On est dans une conception où l’on n’est pas tant en train de développer les coopérations de territoires, mais plutôt une métropolisation, une hyper-métropolisation par absorption du cœur de la métropole et un développement de cette métropolisation qui n’est pas simplement propre à la France ni propre à Paris.

Vous le remarquez : c’est une logique libérale qui est valable sur toutes les grandes métropoles de l’Union européenne, qui, finalement, a des contours totalement antisociaux et anti-écologiques, avec la logique d’attractivité du territoire qui vise l’attractivité du cœur métropole, de mise en concurrence des territoires – parce que, qui dit territoire attractif, cela veut dire qu’il faut qu’il soit concurrent par rapport aux autres – et concentration des moyens sur le cœur territoire, avec les conséquences en termes de spatialisation d’une organisation très libérale et capitaliste du territoire.

On le remarque : le développement de la métropolisation de Paris, qui aurait dû être un renforcement des coopérations pour réduire les inégalités sociales dans l’espace sur la grande métropole, qu’auraient dû penser les objectifs écologiques et réduire les distances domicile travail, en fait, en rien nous n’avons réussi depuis 2001 à réduire la spécialisation des zones.

On est capable, quand on est sur un micro-projet comme la Z.A.C. Bercy-Charenton, de se dire il faut penser la mixité des activités – emploi, service public, logement – et penser qu’il faut, dans un impératif écologique, permettre que tout le monde ait cela à 20 minutes de transport. Mais dès qu’on est sur le fait métropolitain, on oublie tous ces principes et on est dans l’aberration antisociale, anti-écologique, et qui va être, de plus, renforcée par les réformes territoriales totalement anti-démocratiques, où, franchement, je ne sais pas qui ici y comprend vraiment sur ce qui est en train de se passer. A mon avis, pas grand monde. Mais alors, vous demandez à n’importe quel citoyen du Grand Paris comment fonctionne le Grand Paris, ce sera le blanc assuré. La suppression des départements, mais c’est une catastrophe démocratique ! On va encore plus éloigner, opacifier, pour, au final, être dans des logiques d’économies d’échelle qui vont permettre de réduire la place des services publics.

Dernière chose sur un autre aspect de cette délibération : la question des Jeux Olympiques. Et donc, sur ce propos, M. Nicolas BONNET-OULALDJ sera sans doute en désaccord avec moi. Ce mythe que la candidature des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 dans le cadre de la convention de partenariat de Paris et du 93, va permettre le développement du 93, mais quelle tarte à la crème ! On sait pertinemment que c’est du pipeau complet. Qu’est-ce qui s’est passé à Londres quand il y a eu les Jeux Olympiques ? Ils ont mis en place un grand stade, l’équivalent du Stade de France, dans un quartier très populaire, je crois, au nord de Londres, un peu comme le 93 de Paris.

 

Mme Danielle SIMONNET. – Je ne maîtrise pas bien Londres et “London”, mais merci. Le maire le plus écologiste de Paris a bien maîtrisé l’argument anti-J.O., et donc, j’ai totalement confiance en sa précision.

Résultat : vous avez des habitants du cœur de Londres qui sont allés habiter là-bas parce que, certes, c’était moins cher en termes de loyers que le cœur de Londres, mais, en fait, autour de ce stade, cela s’est totalement gentrifié et la population populaire de ce quartier a été éjectée encore plus loin. Et vous allez voir que, dans le 93, la gentrification, qui est déjà bien engagée, va continuer à s’accélérer autour de l’ensemble des équipements qui sont installés là, qui ne correspondent pas, par ailleurs, aux besoins. Parce que si un gamin sur deux, dans le 93, ne sait pas nager, ce dont ils ont besoin, ce n’est pas d’une grande piscine olympique, mais de l’équivalent de 12 bassins écoles de proximité. C’est ce type de développement-là. Or, on va accélérer la gentrification.

Je ne détaille pas non plus les projets anti-écologiques, par exemple, qui vont être pris sur le parc de La Courneuve. Ce n’est pas simplement parce que le parc de La Courneuve accueille la fête de l’Huma que c’est problématique. C’est aussi tout simplement parce que c’est un parc et qu’on va réduire l’emprise d’espaces verts du 93, qui est déjà archi-bétonné, et donc, on va aggraver l’artificialisation des terres.

Moi, je vous le dis : on est vraiment sur un développement de la métropolisation qui ne répond pas aux enjeux écologiques et sociaux, qui accélère la spéculation, qui accélère la gentrification.