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"À Paris, place au peuple !"

Conseil des générations futures et économie du partage

Mme Danielle SIMONNET. – Top chronomètre.

Un Conseil économique et social, c’est une très bonne chose. Après, j’ai un peu de mal à voir quels sont exactement les moyens dont vous disposez pour véritablement faire un travail, et surtout j’ai du mal à voir comment la Ville et l’ensemble des adjoints vont vraiment vous solliciter pour que vous et votre instance puissiez pleinement jouer votre rôle quelque part de contre-pouvoir aussi citoyen pluriel sur un certain nombre de thématiques complémentaires aux dynamiques de conseils de quartier, ce qui me semble important.

Maintenant, sur la question de l’économie collaborative, je reste un peu sur ma faim. Sans doute n’ai-je pas le document plus fourni de l’état de vos travaux et que la synthèse assèche un peu vos propositions, parce que j’ai du mal à en percevoir véritablement l’aspect concret.

Ce que j’apprécie, c’est votre façon de bien poser le problème. L’économie collaborative ? De quoi parle-t-on ? Est-ce du partage ou de la prédation ?

En effet, de fait, pour l’instant, l’économie collaborative propose à nos sociétés un suicide social collectif. Elle nous réduit à des citoyens en recherche de low-cost qui est amené à casser notre Code de travail en développant le tout statut autoentrepreneur et en pétant le salarié, et donc toutes les protections qui vont avec, la non-reconnaissance des liens de subordination, ensuite en nous faisant des tâcherons du XIXe siècle. Ensuite, c’est une arme pour briser la Sécurité sociale parce que, qui dit autoentrepreneur, dit pas de cotisations sociales ni des salariés ni des employeurs. Ensuite c’est une arme pour péter les services publics parce que généralement les entreprises de l’économie collaborative sont les professionnels de l’optimisation fiscale.

Collaborative, le terme même est problématique, la collaboration n’est absolument pas quelque chose de positif dans notre histoire.

En revanche, l’économie du partage oui, comment faire en sorte d’émanciper l’économie du partage de toutes les formes de prédation dont elle est issue, et c’est là que c’est intéressant.

J’aurais énormément de questions à vous poser, mais j’ai dépassé mon temps de parole, sur “Lulu dans ma rue”, mais je vous dis une chose : l’économie du partage, la Ville doit s’emparer des sociétés coopératives d’intérêt collectif, c’est par le biais de la coopérative que l’on permettra véritablement l’émancipation de l’économie collaborative de la prédation.

C’est pourquoi il faut développer comme cycle et développer aussi le recours à Coopaname. J’invite “Lulu dans ma rue” à s’intéresser à Coopaname et au modèle coopératif pour que ce que vous pouvez prendre soit bien réparti.