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"À Paris, place au peuple !"

Communication “Objectif Paris Propre”

Mme Danielle SIMONNET. – Mes chers collègues, oui, vivre dans une ville propre est l’affaire de toutes et tous. C’est l’aspiration à vivre, travailler, visiter et traverser une ville propre est très partagée car c’est une question de qualité de vie et de dignité de base.

A ce titre, tous les Parisiens ne sont pas logés à la même enseigne. Si la ville est salle, c’est d’abord l’échec de politiques, excusez-moi, de logique libérale. Au-delà de l’indignation légitime que je partage sur le coût du rapport – 224.580 euros pour cette Conférence citoyenne est franchement plus qu’indécent et on ferait mieux d’augmenter les moyens alloués à la démocratie participative plutôt que de passer par des prestataires privés pour effectuer ce genre de rapport ; sachez qu’avec cette somme on peut embaucher au moins 10 personnes sur une année -, il y a quand même dans ce rapport une idée forte : la perception de la propreté semble révéler un sentiment d’une discrimination dans les moyens alloués en fonction des quartiers.

Ainsi la priorité semble donnée aux quartiers touristiques, aux quartiers riches, au détriment des quartiers populaires. Là, on a besoin de savoir ce qu’il en est dans les faits. Autant c’est normal qu’il y ait des équipes qui interviennent à la suite de manifestations d’événements, autant il n’est pas normal que des quartiers, parce qu’ils seraient populaires, soient moins entretenus que des quartiers chics et touristiques.

Maintenant, on entend souvent beaucoup dire qu’il y a des usages et des comportements différents selon ces quartiers, et souvent les discours balancent, glissent, basculent pour accuser finalement certains d’être plus sales que d’autres. Je tiens à dire que le racisme social à l’encontre de certains quartiers populaires, qui par essence seraient plus sales dans leur comportement, n’est pas non plus acceptable.

Evidemment, il y a une responsabilisation. Il faut faire évoluer l’éducation dès le plus jeune âge au civisme, au tri qui est essentiel et l’amplifier. Néanmoins, il faut d’abord regarder en face la politique que nous menons. Le lien avec les agents de la DPE est essentiel : renforcer le respect des métiers et des professions du quartier peut contribuer justement à un meilleur respect civique de la propreté.

Justement la question centrale est bien celle des agents, des moyens que l’on alloue pour nettoyer. La première des batailles politiques à laquelle j’ai participé en étant conseillère de Paris, je m’en souviens très bien, était en 2008 : c’était contre la privatisation de la collecte des déchets sur une partie des arrondissements. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quel bilan en tirez-vous ?

En 2013, une étude a montré qu’une tonne d’ordures coûtait 15 euros de plus via le privé que via la régie. Avez-vous pris, Monsieur BARGETON, les décisions qui s’imposaient pour justement satisfaire les exigences d’économie de la Ville ? Non, on a continué à contribuer à enrichir le privé. Et ce ne serait pas de l’idéologie ? C’est totalement de l’idéologie que de penser qu’il faille continuer le recours au privé.

Des grèves successives dénoncent régulièrement l’insuffisance de postes, la vétusté des engins, l’exigence de la revalorisation des rémunérations et des carrières, de tenir bien plus compte de la pénibilité, des problèmes de disparité entre éboueurs et conducteurs. Quelles sont les décisions qui ont été prises ? A peine une centaine de postes, alors qu’au moins 1.000 postes manquent depuis 2001.

D’ailleurs ce chiffre de 1.000 est intéressant parce qu’il est défendu à la fois par la CGT mais également par les Républicains. Finalement, c’est bien la première fois que je vois un point commun entre la CGT et les Républicains dans une revendication. Mais hélas, qu’entend-on au-delà de ces chiffres ? Le camp des Républicains souhaite que ces 1.000 postes soient mis à disposition uniquement par redéploiement. Mes chers collègues, dites-nous enfin si c’est sur les crèches, les E.H.P.A.D., les écoles maternelles que ces postes seront pris et cessez cette hypocrisie ! Oui, il faut remunicipaliser. Oui, il faut également plus d’effectifs.

J’aurais voulu parler, mais je n’en aurais pas le temps, de la question de la restauration rapide et de la redevance spéciale. Qu’en va-t-on enfin avoir le débat sur le fait de cesser d’exonérer la restauration rapide, et notamment les grands McDonald et tutti quanti ? Alors que l’on sait pertinemment, comme le rappelait le rapport “Zero Waste” qui a épinglé le géant de la restauration rapide McDo France, que ces déchets ne cessent de croître et que leur recyclage n’a cessé de baisser à Paris.

Mes chers collègues, il n’y a pas de baguette magique. La décentralisation totale de la propreté en aucun cas ne changera le problème. Ce qu’il faut, ce sont des moyens, et des moyens publics pour un service public.