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"À Paris, place au peuple !"

Place Jérusalem : exprimons le souhait qu’elle devienne la capitale des deux Etats

La ville a décidé de dénommer une place “Jérusalem”. J’ai défendu un amendement afin que cette dénomination ait au moins un sous titre “avec le vœu qu’elle devienne la capitale des deux Etats”.

Hélas, mon amendement a été rejeté, même les groupes PCF, EELV et Gnéréations n’ont pas voulu le voter. J’ai donc voté contre la délibération et fut seule à le faire…

 

Mme Danielle SIMONNET.- Je me retrouve dans 99 % de l’intervention de Raphaëlle PRIMET, et je lui dis, et je le dis à l’ensemble du groupe Communiste ainsi que du groupe Ecologiste, vos abstentions, vous le savez pertinemment, ne permettront pas le retrait de cette délibération de l’ordre du jour. Vos abstentions n’empêcheront pas la délibération d’être adoptée. Par contre, votre abstention empêchera le vœu d’avoir une quelconque chance d’être adopté.

Donc, votre abstention finalement a pour effet qu’il y aura donc une place Jérusalem dans le contexte qui a été précisé, et sans aucun sous-titre.

Je reviens sur l’intervention.

Oui, dans la délibération DU 117, qui est soumise au vote du Conseil de Paris, on souhaite attribuer la dénomination “place de Jérusalem” à la place située à l’intersection de la rue de Courcelles et du boulevard de Reims à Paris, dans le 17e arrondissement.

Je voudrais vous rappeler que le Conseil de Paris de novembre 2014, à mon initiative, s’était prononcé à l’unanimité… alors à la grande majorité, mais il n’y avait pas eu de vote contre à ma connaissance… Alors un seul.

Une seule voix contre et, voyez, elle n’avait pas dû être très audible puisque, dans ma mémoire, c’était l’unanimité pour que la France reconnaisse l’Etat de Palestine et que cette reconnaissance accompagne la négociation entre ces deux Etats, afin qu’ils vivent l’un et l’autre en paix et en sécurité avec des frontières mutuellement et internationalement reconnues. Voilà quelle était la position du Conseil de Paris en ce début de mandature.

Et là, que s’apprête-t-on à faire ?

Cette initiative s’était alors inscrite dans la démarche initiée notamment par un groupe de parlementaires, qui appelait le Gouvernement à œuvrer sans délai en faveur d’un Etat palestinien indépendant, démocratique, souverain, vivant dans la paix et la sécurité au côté d’Israël, sur la base des frontières de 1967, deux Etats reconnus par l’O.N.U. avec Jérusalem comme capitale des deux Etats. Je ne citerai pas les résolutions de l’O.N.U. en faveur de la reconnaissance de la coexistence des deux Etats, ayant pour capitale tous deux Jérusalem.

On ne peut non plus occulter l’occupation illégale des territoires palestiniens, occupés depuis 1967, et la politique d’implantation massive des colonies pratiquée par la coalition gouvernementale israélienne de droite et d’extrême droite de Benyamin NÉTANYAHOU.

L’Union européenne a appelé Israël, dès 2009, à partager Jérusalem comme capitale conjointe de deux Etats hébreu et palestinien, et que les vingt-sept Etats-membres de l’époque avaient assuré qu’ils ne reconnaîtront aucun changement autre que négocié au statut d’avant 67.

On ne peut occulter la place que la France a toujours occupée, bien particulière dans le processus de paix au Proche-Orient et le rôle de la Ville de Paris dans ses liens d’amitié et de fidélité avec les Israéliens et avec les Palestiniens.

Alors, oui, si le Congrès des Etats-Unis a voté une loi, dès 1995, établissant que Jérusalem devait être reconnue capitale de l’Etat unique d’Israël, le déménagement de l’ambassade avait systématiquement été reporté. C’est l’actuel Président des Etats-Unis, Donald TRUMP, qui, le 6 décembre 2017, a reconnu officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël, y a inauguré le déménagement de leur ambassade le 14 mai 2018 et, fort heureusement, la communauté internationale ne l’a pas suivi, et fort heureusement !

Oui, la ville de Jérusalem est considérée comme trois fois sainte car elle contient les lieux les plus sacrés des religions juive, chrétienne et le troisième lieu saint de l’islam, ce qui avait conduit, par exemple, le pape a déclaré : “Nous pensons important de préserver la ville sainte de Jérusalem comme patrimoine commun de l’humanité, et par-dessus tout, pour les fidèles des trois religions monothéistes, comme le lieu de rencontres et symbole de coexistence pacifique où se cultivent le respect réciproque et le dialogue.”

Avec cette délibération, bien sûr, on nous rappelle qu’il existait une rue de Jérusalem qui a été supprimée par l’agrandissement du Palais de justice en 1883, il y a donc plus d’un siècle. Quelle était donc l’urgence maintenant ? Quel sens cela peut avoir aujourd’hui ?

Alors oui, je propose, dans un amendement rattaché à cette délibération, qu’il conviendrait d’ajouter un sous-titre pour être fidèle à la position du début de cette mandature, et ne pas l’adopter voudrait dire une rupture avec la position du début de mandature. Il conviendrait d’ajouter un sous-titre à cette dénomination de place pouvant s’intituler avec le vœu, qu’elle devienne la future capitale de deux Etats parce que, si vous n’émettez pas ce vœu, alors vous n’êtes pas fidèles aux positions qui ont été prises en ce début de mandature, dans le contexte actuel. Ou bien vous retirez cette délibération, ou bien vous apposez ce sous-titre.

Il est essentiel que, dans une démarche au service de la paix et de la fraternité entre les peuples, les associations israéliennes comme palestiniennes pour la paix ainsi que les représentants de l’Etat d’Israël et de l’Autorité palestienne…

 

Mme Danielle SIMONNET.- … puissent être présents à l’inauguration de cette place. L’avez-vous anticipé ? Je crains que non. Je vous remercie.

 

Mon amendement à la délibération DU 117 relatif à la dénomination d’une place Jérusalem :

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