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"À Paris, place au peuple !"

1000 à 1500 exilé.e.s à la rue : l’urgence c’est de les héberger !

 

Mme Danielle SIMONNET.- Mes chers collègues, la politique du gouvernement déshonore la République ; il suffit d’aller à la porte de la Chapelle pour le constater. Finalement, le Président de la République, Emmanuel MACRON, dans le domaine de l’accueil, de l’asile, c’est pire que SARKOZY et c’est bien cette réalité-là qu’il faut regarder en face.

Elle n’est pas nouvelle, on a vu la loi asile et immigration. Ne faisons pas les surpris. On a vu aussi la logique budgétaire de ce gouvernement. On sait à quoi s’attendre. Quand je dis cela, cela ne veut pas dire baisser les bras, ne pas continuer le rapport de force, le bras de fer. Au contraire. Mais là, il y a une urgence humanitaire terrible. C’est entre 1.000 et 1.500 personnes qui sont sur place entre la porte de la Chapelle et la porte d’Aubervilliers, 1.000 à 1.500 personnes sur place.

Alors qu’est-ce qu’on fait ? On fait un accueil, un centre d’accueil de jour. Rien que dans le nom, cela devrait alerter tout le monde : centre d’accueil de jour. Et le soir, que se passe-t-il ? Le soir, ils dorment où ? Eh bien, ils dorment sur place, dans une ville où on ne cesse de vouloir mettre à mal les temps et les rythmes sociaux, où vous avez été précipités pour ouvrir les commerces en soirée, pour ouvrir des services publics le dimanche. Là, il faut juste se dire que le b.a.-ba, pouvoir dormir à l’abri, on ne le remplit pas. On fait simplement un centre d’accueil de jour, de 7 heures à 19 heures, et à partir de 19 heures les gens sont totalement condamnés à eux-mêmes. Voilà la première chose qui devrait nous alerter.

Ensuite, qu’est-ce qu’on fait ? Sur quelle période ? Eh bien, on fait sur une période qui se termine le 31 août. Alors, j’apprends que cela devrait être prolongé jusqu’à la fin septembre. Toute cette communication pour simplement prendre en charge jusqu’à la fin de l’été ? On n’est pas à la hauteur, on n’est pas du tout à la hauteur. Je voudrais savoir aussi quels sont les moyens réels mis en place. Et je souhaite saluer tous les intervenants associatifs et les travailleurs sociaux qui font déjà un travail remarquable, notamment qui sont engagés dans la “colline du crack” – je pense à Carodego ( ?) – sur toutes les problématiques du Plan crack, qui font un travail extrêmement fort qui est forcément lié aussi à votre travail parce qu’on est sur un même lieu et sur des publics parfois différents, et parfois pas. Saluer tous les bénévoles et les salariés avec France Terre d’Asile et toutes les associations qui travaillent là-bas.

Mais ils manquent de moyens, je crois qu’ils manquent de bénévoles, ils aimeraient en avoir beaucoup plus. Ils aimeraient aussi qu’il y ait plus de salariés, qu’il y ait plus de moyens financiers alloués. Qu’est-ce qu’on est en train de mettre en place ? On met en place 12 douches, 10 toilettes, dont seulement 4 sont ouvertes en même temps, un agent pour nettoyer trois fois par jour, il y a entre 1.000 et 1.500 personnes. Rien que du point de vue des conditions de travail de cet agent, je pense que ce n’est pas possible, il faut une équipe. On ne laisse pas un travail comme cela, isolé, avec une telle dureté. Ensuite, on distribue des petits-déjeuners, on accompagne dans les hôpitaux, on accompagne aussi dans des cours de français, on distribue un guide. Il y a énormément de choses qui sont faites. Pour autant, il y aurait besoin de beaucoup plus de moyens, beaucoup plus de moyens et de moyens salariés, et pas simplement compter sur le bénévolat, même s’il va falloir continuer à l’encourager.

Des choses aussi très concrètes sont nécessaires. Mettre en place une domiciliation des personnes qui sont là. Pour répondre à M. AZIÈRE, je crois que, oui, il y a la volonté de l’ensemble des acteurs qu’il y ait un accueil inconditionnel sur ce centre d’accueil de jour, quelle que soit la situation, qu’on soit exilé ou fréquentant la “colline du crack”. Je pense que là-dessus on peut faire confiance aux acteurs sur place.

Ce qui est important, c’est que sur l’urgence humanitaire, on est totalement en deçà, il faudrait faire plus, et, en même temps, il faudrait aussi sortir de l’humanitaire pour ouvrir les droits aux personnes, pour passer vraiment à un réel financement, travail social, accompagnement avec comme objectif de faire rentrer les personnes dans le droit commun de l’hébergement et du logement. Voilà quel devrait être notre objectif.

C’est pourquoi je le redis, je voterai cette délibération, et je salue néanmoins… C’est toujours un progrès d’avoir accès à des douches et des toilettes, même si elles sont en nombre insuffisant. Il faut réquisitionner des bâtiments, on a des bâtiments vides aujourd’hui, à l’Hôtel-Dieu. Au lieu de faire un restaurant de luxe, de gastronomie, ouvrons les places urgentes et surtout plusieurs lieux de mise à l’abri des exilés, des réfugiés. Voilà ce qui est nécessaire, et c’est urgent.

Je vous remercie.